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samedi 17 juin 2017

Le Regard

Ken Liu : Le Regard
The Regular (2014)
éd. du Bélial', Une Heure Lumière, 2017
trad. Pierre-Paul Durastanti, couv. Aurélien Police

Demain.
Dans son registre, celui de l'investigation, Ruth Law est la meilleure. D'abord parce qu'elle est une femme, et que dans ce genre de boulot, on se méfie peu des femmes. Parce qu'elle ne lâche rien, non plus, ne laisse aucune place au hasard. Enfin, parce qu'elle est augmentée. De manière extrême et totalement illégale. Et tant pis pour sa santé, dont elle se moque dans les grandes largeurs - condamnée qu'elle est à se faire manipuler par son Régulateur, ce truc en elle qui gère l'ensemble de ses émotions, filtre ce qu'elle éprouve, lui assure des idées claires en toutes circonstances. Et surtout lui évite de trop penser. À son ancienne vie... Celle d'avant le drame...
Et quand la mère d'une jeune femme massacrée, énuclée, la contacte afin de relancer une enquête au point mort, Ruth sent confusément que c'est peut-être là l'occasion de tout remettre à plat. Repartir à zéro. Mais il faudra pour cela payer le prix.
Le prix de la vérité libérée de tout filtre, tout artifice. Tout regard...
La publication précédente de l'auteur en France, L'Homme qui mit fin à l'Histoire, situait son texte dans un futur proche. Avec Le Regard, Ken Liu fait de même et, à mon sens, toujours dans un soucis d'étudier les difficultés de communication entre humains, ajoute ces barrières des plus difficiles à franchir que sont les émotions et les sentiments qui nous traversent, qui influencent grandement la moindre de nos prises de décisions et, de fait, la moindre de nos actions.
Comme dans ses textes précédents, et comme beaucoup d'autres avant lui, (1) l'écrivain emprunte à la SF les ingrédients nécessaires et contextualise efficacement sont histoire pour traiter son sujet avec finesse.
Si l'évocation d'un monde capable de vivre en faisant totalement abstraction de ses émotions et sentiments est glaçante, elle présente curieusement des aspects qui méritent qu'on s'y attarde. Quel serait le visage du monde si l'humanité décidait que celui-ci n'engendre plus colère, ressentiment, jalousie, peine, douleur et autres plaies internes ? Lorsqu'on voit le nombre de personnes qui tentent de nos jours de ne plus ressentir ces dernières, (2) je crois que c'est une question que beaucoup d'entre elles se posent.
Le contexte cyber et celui d'enquête policière servant de fond au propos ne sont que peu développés. S'il m'a semblé comprendre que ce n'est pas là que Ken Liu voulait attirer ses lecteurs, c'est pourtant le reproche le plus grand et et le plus fréquent qui semble lui être fait : cette nouvelle n'a pas les attributs d'un roman.
Je manque peut-être d'objectivité quand il s'agit de cet auteur mais il est à mon sens l'un des plus intéressants à lire ces derniers temps. (3)
Pour reprendre les termes d'une amie lorsqu'elle eut lu La Ménagerie de papier, L'Homme qui mit fin à l'Histoire et quelques entretiens (4) avec Ken Liu :
« Il est incroyable, ce type ! ».

(1) Ne manquez pas la lecture intégrale de La Grande Anthologie de la SF, elle regorge de nouvelles de cette ampleur.
(2) De manière légale ou non.
(3) Mais ça devrait être bientôt à Ted Chiang de servir, si je ne fais pas erreur.
(4) Entre autres, également disponibles à la lecture ou l'écoute sur cette page.

2 commentaires:

  1. Je suis certainement une moins grande spécialiste que vous concernant cet auteur, mais j'aurais tendance à dire que son objectif est avant tout de faire prendre conscience, de faire réfléchir son lectorat, le point de départ de ses ouvrages (faits réels, enquêtes policières ou autres) n'étant finalement qu'un prétexte pour amener ces lecteurs à cette réflexion; je comprends que certaines personnes soient déroutées, mais c'est justement cette démarche que j'apprécie.

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    1. Plus qu'un prétexte, à mon sens : un artifice indispensable pour mener sa réflexion.
      C'est également ce que j'apprécie, même si je n'ai rien contre la SF de divertissement.

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