Artistes alpha

Al Andaluz Project (1) Al Foul (1) Alice Cooper (1) Alice In Chains (1) Amesha Spenta (1) Ana Alcaide (1) Anathema (1) Aratta Rebirth (1) Artús (1) Atrox (1) Barbara Dane (1) Baïkonour (1) Birtha (1) Black Flower (1) Bloodrock (1) Bob Seger (1) Briqueville (1) Broken Note (1) Carla Bley (1) Cee Cee James (1) Circle (1) Cocanah (1) Dafné Kritharas (2) Djal (1) E.A.R. (1) Eden Rose (1) Endless Boogie (2) Esbjörn Svensson Trio (1) Fantômas (1) Faun (1) First Aid Kit (1) Flook (2) Freak Guitar (1) Free (1) Funk Factory (1) Gold (1) Gov't Mule (1) Harmonium (1) Hypnos 69 (1) Irfan (1) Jambinai (1) Jedbalak (1) Jenn & Laura Beth (1) Juana Molina (1) Kadda Cherif Hadria (1) Kila (1) Killing Joke (1) Kravetz (1) Kvelertak (2) L'Enfance rouge (1) L'Ham de Foc (1) Laboratorium Pieśni (2) Landberk (1) Lazarus (1) Liquid Sound Company (1) Lokomotive Kreuzberg (1) Magnus Öström (1) Marta Ren & The Groovelvets (1) Melvins (1) Mierlița (1) Mimetic (1) Ministry (1) Mohama Saz (1) Mr. Bungle (1) Newen Afrobeat (1) No One Is Innocent (1) One Shot (1) Orange Blossom (1) Ozric Tentacles (1) Page (1) Plant (1) Pryapisme (1) Qntal (1) Rainer (1) Rory Gallagher (1) Rufus Cappadocia (1) Sabir (1) Sarakina (1) Sheikh Ahmad Al-Tûni (1) Sin (1) Stabbing Westward (1) Stellamara (1) Steve Swallow (1) Stone The Crows (1) Tal Wilkenfeld (1) Tamikrest (1) Taste (1) The Day After The Sabbath (1) The J. Geils Band (1) The Jim Jones Revue (1) The Turbans (1) The Young Gods (1) Thee Michelle Gun Elephant (1) Tigran Hamasyan (3) Topette!! (1) Trunks (1) Vuneny (1) Wardruna (1) Wynton Marsalis (1) Xarnege (1) Youn Sun Nah (1) Zakarrias (1) Zmiya (1) minimal Bogart (1)

Auteurs alpha

Andrevon (1) Atkinson (1) Banks (1) Bellamy (1) Belotti (1) Brunner (1) Butler (2) Damasio (2) Davis (1) Delmeulle (2) Dufour (2) Egan (2) Ertzscheid (1) Flynn (1) Fry (1) Gazalé (2) Gentle (1) Hawkins (1) Jaworski (2) Kay (1) Larson (1) Liu (4) McIntyre (1) Montero (1) Moorcock (1) Morrow (2) O'Donnell (1) Picoult (1) Priest (2) Roosevelt (1) Sheffield (1) Sinisalo (2) Springora (1) Strougatski (1) Tchaikovsky (2) Vonarburg (2) Watts (1) Wilson (4) Wylie (1)
Affichage des articles dont le libellé est Fantastique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fantastique. Afficher tous les articles

jeudi 11 juillet 2019

La Bibliothèque de Mount Char

Scott Hawkins : La Bibliothèque de Mount Char
The Library of Mount Char (2015)
éd. Gallimard, Folio SF, 2019
trad. Jean-Daniel Brèque, couv. Aurélien Police

Carolyn était une jeune Américaine comme les autres. Mais ça, c'était avant. Avant la mort de ses parents. Avant qu'un mystérieux personnage, Père, ne la prenne sous son aile avec d'autres orphelins. Depuis, Carolyn n'a pas eu tant d'occasions de sortir. Elle et sa fratrie d'adoption ont été élevées suivant les coutumes anciennes de Père. Ils ont étudié les livres de sa Bibliothèque et appris quelques-uns des secrets de sa puissance.
Mais Père a disparu et il n'y a maintenant plus personne pour protéger la Bibliothèque des féroces combattants qui cherchent à s'en emparer. Carolyn se prépare pour la bataille qui s'annonce. Le destin de l'univers est en jeu, mais Carolyn a un plan. Le seul problème, c'est qu'en le menant à bien, elle a oublié de préserver ce qui faisait d'elle un être humain.
Ce premier roman de Scott Hawkins, dès les premières phrases et sans ménagement, nous plonge dans un tourbillon de folie et de démesure. Ici, sauf erreur de ma part, les tenants et aboutissants des aventures des orphelins de Mount Char n'ont pas la moindre importance, seules l'action et les situations... WTF (1) en ont une.
Situations dantesques, « dérangeantes », (2) totale démesure, scènes d'une violence rare, galerie de personnages tous plus gravement allumés les uns que les autres, tout est mis en œuvre pour happer le lecteur du début à la fin. L'auteur prend soin néanmoins de lui ménager quelques moments de répit, glissant de nombreux passages explicatifs nécessaires à la compréhension de la mécanique d'un univers qui ne répond qu'à sa propre logique.
Le registre employé par Hawkins ne laisse pas le moindre doute sur ses intentions. Ici, l'horreur et la démesure sont déployées dans un unique but : susciter la fascination, la jubilation et, très souvent, l'hilarité tant les scènes sont ahurissantes. (3)
Si je suis bien incapable de reconnaître des références précises, ce roman a soulevé chez moi des sentiments identiques à ceux provoqués par d'autres œuvres. Comme d'autres lecteurs, j'ai pensé relativement rapidement à Alan Moore et Neil Gaiman. Cependant, les « ressemblances » avec des œuvres musclées comme Preacher, GoddessNemesis ou même Hard Boiled m'ont immédiatement frappé. (4)
Bref, ça se lit sans respirer, c'est aussi drôle que décoiffant et ça ordonne de suivre très attentivement ce qui sera publié à l'avenir de cet auteur assurément à surveiller.
Pour ceux qui se sentiraient trop « vieux » pour lire ce « genre de conneries » : rappelez-vous les moments de jubilation horrifiée que provoquent les mythologies du monde entier. Voilà, vous y êtes. Comment passer à côté de ce nouveau panthéon ?

(1) Pour avoir lu de nombreux autres avis, il semble que tout le monde soit d'accord pour qualifier tout cela de... WTF et c'est à mon sens le bon angle d'attaque.
(2) Pour autant, ça n'a pas semblé déranger grand monde...
(3) Parmi mes préférées : celles où apparaît le président des États-Unis (une fois à la télé, l'autre – brièvement – à la Maison Blanche). Irresistible à mon sens !
(4) En termes de démesure, je pense également aux films de Tarantino. Ou certains films d'horreur, je suppose (mais je n'aime pas me faire peur donc je ne connais rien à cette production).

samedi 2 septembre 2017

Mother London

Michael Moorcock : Mother London
Mother London (1988)
éd. Denoël, Lunes d'encre, 2002
trad. Jean-Pierre Pugi, couv. Guillaume Sorel
Josef Kiss a le pouvoir. Il peut entendre vos pensées les plus intimes, désamorcer les bombes qui n'ont pas explosé, retrouver les survivants sous les décombres du Blitz. C'est un héros de la bataille d’Angleterre, mais aussi un artiste de music-hall déchiré par ses démons, crucifié à la ville de Londres tel un papillon par son épingle.
Tout comme Josef, Mary Gasalee est télépathe. Après un long coma dû au Blitz, quinze années passées au Pays des Rêves, elle rencontre Josef, mais aussi David Mummery, le jeune écrivain fasciné par le peuple étrange qui habite les égouts londoniens... Tous trois, et d'autres, se heurteront à la bonne société britannique qui, incapable de reconnaître leurs pouvoirs, ne cessera de les considérer comme fous.
Avec Mother London, souvent cité comme son chef-d'œuvre, Michael Moorcock nous propose les histoires d'amour et de mort d'un groupe de télépathes londoniens, une fresque courant sur cinquante ans.
Si Michael Moorcock est bien plus connu pour ses séries de Fantasy, (1) un grand nombre de lecteurs plébiscitent d'autres œuvres de l'auteur, (2) ces dernières n'ayant que peu de points de comparaison avec l'autre partie de sa production.
Loin d'être une lecture aisée en raison de sa construction très éclatée (3) et de sa totale absence d'intrigue principale, (4) Mother London nous propose une visite de Londres sur plusieurs années, se posant de manière apparemment aléatoire sur ses habitants, prêtant un regard connaisseur et plutôt bienveillant (5) sur ces vies qui se sont croisées, frôlées, mélangées, entrechoquées. Un tableau complexe qui se dévoile par petites touches désordonnées qui finissent par prendre sens.
J'ai pu lire ici et là que d'autres lecteurs ont admiré le style de l'auteur et qu'ils considéraient que Londres, la ville, était la véritable héroïne de l'œuvre. Si je ne me sens pas capable d'analyser le style d'un roman aussi complexe que celui-ci, je pense que Londres n'est pas au centre du propos. À mon sens, le roman aurait été le même quelle que soit la nationalité de l'auteur ; Moorcock aurait dit la même chose des « gens », s'attardant sur une portion précise de ceux-ci. (6) Les véritables héros, cette multitude de différences, ce sont eux, les « gens », la progéniture de la ville (ici, Londres), (7) celle qui la fait vivre, son sang.
Moorcock nous plonge dans ce tourbillon fourmillant sans avertissement préalable, usant du prétexte de la télépathie pour ajouter l'effet de nombre à celui de profondeur.
Une lecture qui récompense très largement les efforts qu'elle demande. Peut-être bien un chef-d'œuvre. Un cri d'amour de l'auteur à l'adresse de ses semblables, quoi qu'il en soit. (8)

(1) Bien évidemment celle d'Elric, mais aussi celles d'Hawkmoon, d'Erekosë et de Corum.
(2) Dont celle-ci, mais également Le Chien de guerre et Gloriana, toutes incontournables à mon sens.
(3) Un kaléidoscope d'images et une multitude de personnages dont l'auteur nous dévoile tout une tranche de vie, apparemment sans soucis d'ordre chronologique. Il m'a semblé qu'il « justifiait » cette construction par l'intermédiaire de l'un de ses personnages en lui faisant dire : « Les théories du Temps sont généralement simplistes, comme celle de Dunne. Elles voudraient lui donner une forme linéaire ou circulaire, mais je le crois semblable à une gemme facettée avec une infinité de plans et de strates qu'il serait impossible de cartographier ou d'endiguer ; [...] ». Mais je peux me tromper...
(4) Des intrigues, nous en trouvons pourtant bel et bien par centaines dans ces pages, parfois simplement esquissées par une portion de phrase, parfois plus longuement détaillées, toutes ne formant qu'un... tout.
(5) Mais un brun nostalgique et perplexe devant les changements.
(6) Ceux que l'autre désigne dangereusement par « ceux qui n'ont pas réussi ». Oué, j'ai du mal avec celle-là, pardon...
(7) Pardon...
(8) Mais je peux me tromper...

mercredi 2 août 2017

Le Dernier chasseur de sorcières

James Morrow : Le Dernier chasseur de sorcières
The Last Witchfinder (2003)
éd. Au diable vauvert, 2003
trad. Philippe Rouard, couv. rampazzo.com

En 1688, Jennet, fille d'un célèbre chasseur de sorcières, a douze ans. Sa tante Isobel, grande admiratrice de Newton, se voit accusée de sorcellerie parce qu'elle a réussi à expliquer des phénomènes naturels tenus jusque-là pour divins. Jennet part à Cambridge dans l'espoir de convaincre Newton de venir témoigner à son procès. Mais Isobel est condamnée au bûcher et Jennet jure de consacrer sa vie à l'abolition de la loi contre la sorcellerie...
À la fois biographie fictive, récit épique et « exercice d'apologétique newtonienne », ce roman, raconté à la première personne par le propre livre d'Isaac Newton, Les Principes mathématiques de philosophie naturelle, nous emmène aux origines de la rationalité occidentale, à une époque où cohabitent dévots obscurantistes brûleurs de sorcières et premiers scientifiques... Un cocktail détonant d'érudition et de fantaisie, une irrésistible relecture de notre histoire philosophique.
Si James Morrow s'amuse à prêter une âme aux livres et donne ici un rôle de narrateur à l'œuvre maîtresse d'Isaac Newton, (1) ce sont bien là les uniques éléments Fantastiques de ce roman avant tout philosophique. Cependant, à lui seul, cet artifice littéraire donne une indication précise sur les intentions de l'auteur, éclaire à la fois son propos et le regard qu'il pose sur le monde en général.
Bien plus qu'une simple charge féroce contre l'obscurantisme (2) dont ont souffert un nombre effarant d'humains qui ne demandaient rien de plus que de vivre en bonne intelligence avec leurs semblables, Le Dernier chasseur de sorcières est ici l'occasion pour l'auteur d'aligner toutes sortes de considérations au sujet de l'absurdité de notre monde. Pourtant, s'il le fait, ce n'est jamais en laissant percer une colère qui serait toute légitime mais en usant d'un humour décapant et d'une ironie mordante tout en ayant un regard plein de bon sens et d'humanité bienveillante. (3)
À la lecture de ce roman, il m'a semblé que Jennet devait tout aux deux livres que lui lègue sa tante Isobel avant d'être brûlée pour sorcellerie. Celui écrit par Newton mais également celui dont elle est l'auteur : Plaisirs et douleurs dans le jardin de la femme. (4) À mon sens, ce sont ces deux livres qui permettent à Jennet de traverser le monde et ses embûches, lui procurent l'équilibre indispensable pour atteindre l'objectif qu'elle s'est fixé.
James Morrow semble avoir une immense considération pour les livres et ce qu'ils transmettent. Sans perdre de vue que, sans l'esprit de leurs lecteurs, certains peuvent tout aussi bien nourrir l'obscurantisme qu'éclairer intelligemment le monde.
Un immense auteur.

(1) Quelques précisions ici, pour ceux que ça intéresse.
(2) Qu'il soit issu de convictions délirantes ou, pire, simple prétexte à d'aussi abjects qu'égoïstes buts.
(3) Précision voulue de ma part, l'humanité, pour diverses raisons, ne l'étant pas si souvent.
(4) Un manuel d'éducation sexuelle que chaque parent avisé devrait laisser traîner partout chez lui. Si James Morrow ne s'étend pas plus que ça sur le contenu de cet ouvrage fictif, ce dernier est sans le moindre doute indispensable, voire vital.

vendredi 16 mars 2012

Le Glamour

Christopher Priest : Le Glamour
(The Glamour - 1984)
éd. Gallimard, Folio SF, 2012
couv. de Bastien L.

Victime d'un attentat à la voiture piégée, Richard Grey, cameraman professionnel, se remet peu à peu dans une clinique où il est gardé au secret par le gouvernement britannique. C'est là que son ancienne petite amie, Susan Kewley, une artiste, finit par le retrouver. Mais Grey n'a plus aucun souvenir d'elle, elle pourrait aussi bien n'avoir jamais existé. Peu à peu, la mémoire va lui revenir et, avec elle, l'évocation d'un don étrange que Sue posséderait : le glamour, la faculté de se rendre invisible.
Nouvelle exploration de ce qu'est la réalité, nouveau tour de force de Christopher Priest, qui offre avec Le Glamour un de ces romans vertigineux dont il a le secret, qui ne se dévoilent que peu à peu et gagnent à être lus et relus.
Si Christopher Priest s'empare d'un thème classique dans la littérature fantastique, l'invisibilité, c'est surtout de la mémoire et de la perception de la réalité que ce roman, fascinant de bout en bout, traite.
Au travers de cette histoire d'amour à l'ambiance étrange, le lecteur est bousculé de faux-semblants en contre-vérités, s'interroge toujours plus sur ce qui peut bien définir l'être : est-on ce qu'on a vécu ou seulement ce dont on se souvient ?
Brillant et appelant effectivement à être relu.