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mardi 2 juillet 2019

Newen Afrobeat

Newen Afrobeat : Curiche
(2019 - Autoproduction)
Second album (1) de ce groupe chilien (le premier dans ce coin à se pencher sur le style créé par Fela Kuti !), Curiche nous donne à entendre la même énergie, la même envie de bouger et le même émerveillement qu'à l'écoute des disques précédents.
Abordant le style à travers leur culture et dans un esprit résolument rock et endiablé, il est pratiquement impossible de ne pas se remuer dès les premières mesures.
Assez souvent mises en avant, les guitares martèlent leurs rythmes et s'envolent parfois dans des solos dont n'aurait pas à rougir Santana.
Tout est vraiment très bon dans ces disques.
Mais ne loupez pas certaines vidéos prises en concert, elles sont simplement fabuleuses. (2)

Les albums

Musiciens et invités :
- Francisca Riquelme : chant, chœurs, shekere
- Francisca Castro : chœurs, shekere
- Macarena Rozic : chœurs, shekere
- Roberto Gevert : batterie
- Tomas Pavez : kpanlogo, shekeres, claves
- Alejandro Orellana : congas, bongos
- Alvaro Quintas : basse
- Sebastian Crooker : guitare
- Martin Concha : guitare
- Mauricio Sanchez : trompette
- Klaus Brantmayer : saxophone alto
- Marcelo Morales : saxophone ténor
- Aldo Gomez : saxophone baryton
- Diego Alarcon : flûte traversière (3)
- Enrique Camhi : trompette
- Oghene Kologbo : guitare, chant (3)

(1) Le premier, sobrement intitulé Newen Afrobeat (2014), et un deux titres aussi inévitable qu'indispensable, Newen Plays Fela (2017), où l'on peut entendre Seun Kuti au chant et Cheick Tidiane Seck au clavier.
(2) Je pense à celle-ci (fait chaud)... ou celle-ci (fait chaud !). Mais il y en a plein d'autres.
(3) D'après ce que j'entends mais je peux me tromper.

mardi 3 juillet 2018

Sarakina

Sarakina : Sarakina 
(2001 - Autoproduction) 
Avec ce premier album le groupe polonais Sarakina explore et s'amuse avec les traditions d'Europe de l'est.
Pouvant paraître « classique » au premier abord sa musique se révèle rapidement novatrice et impulsive, n'hésitant pas à s'éloigner notablement de son aire de jeu. La contrebasse, jouée « jazz » et mise très en avant, augmente cet effet de mélange, dynamise l'ensemble, donne un fil à suivre dans cette pluie de mélodies très travaillées et parfaitement exécutées par de grands virtuoses.
Trois ans après, arrive le second album, (1) encore plus maîtrisé si faire ce peut, explosant davantage les codes et laissant encore plus de champs à la créativité du groupe, aux arrangements somptueux ainsi qu'à une utilisation de la voix rarement rencontrée lorsqu'elle est soliste.
Le troisième album sort quatre ans plus tard (2) et, de manière surprenante, n'offre que des pièces de Chopin. (3) Sarakina dévoile ici toute l'ampleur de son talent de composition et d'interprétation. Peu à peu, musiques classique et traditionnelle deviennent autre, à part entière, unique.
Un groupe incontournable selon moi et qui mériterait d'être beaucoup plus connu qu'il ne l'est actuellement.
Je pense que l'on peut parler de « groupe d'avant-garde », pour ce que ça veut dire. (4)

Quelques exemples : (5) On the Road, Zaljubih mamo tri momi.


Musiciens et invités :
Jacek Grekow : accordéon, cornemuses, kaval
- Jan Mlejnek : clarinette, tambura
- Bartosz Mlejnek : contrebasse
- Bartosz Zwolski : percussions, Tarambuka, Tapan
- Weronika Grozdew : chant

(1) Junctions (2004).
(2) Fryderykata (2008).
(3J'étais inquiet pour celui-ci, maîtrisant fort mal mon Chopin et craignant de passer à côté de la chose. J'ai reconnu un seul morceau... Celui qui répond au doux nom de « Waltz in D flat major Op. 64 No. 1. ». Personne ne peut le louper. Suivront Dance of Fire (2012) et Sarakina Live in Studio (2017) que je ne connais pas encore à cette heure.
(4) Mon billet est fort imprécis, les curieux pourront lire des critiques dignes de ce nom sur le site-même du groupe.
(5) Live et illustrant d'autres albums puisque je ne trouve pas d'exemples de celui-ci...

lundi 14 août 2017

Jedbalak

Jedbalak : Safar
(2017 - autoproduction)
Quatuor italien se produisant parfois en trio sur scène, Jedbalak est de ces groupes qui empruntent au passé et posent leur patte sur la tradition, s'en imprégnant et la faisant revivre aujourd'hui avec un style qui nous la rend audible malgré nos habitudes formatées par les sonorités actuelles.
De jazz-rock en transe gnawa, de longues plages de rock progressif en boucles plus traditionnelles, la formation nous entraîne avec un rare talent dans des contrées lointaines et nous les offre en mêlant le passé et l'actuel.
Si les morceaux sont relativement courts, (1) il n'est pas rare que le pont soit fait avec le suivant. Le quatuor pourrait se permettre avec bonheur d'étirer chacun d'eux.
Le pont étant d'ailleurs tout symbolique dans la démarche de ce brillant groupe. (2)
Pour dire : je n'arrive pas à m'en sortir...

L'album : Safar.

Musiciens :
Abdullah Ajerrar : Guembri, chant, qraqeb
Gianluca Sia : mandoline, saxophone soprano, claviers
Mimmo Mellace : batterie, tar (qu'il ne faut surtout pas confondre avec le târ), bendir
- Nico Canzoniero : basse, synthétiseurs, saz, kalimba, programmation

(1) N'excédant pas six minutes trente et faisant le plus souvent trois à cinq minutes.
(2) Le mieux étant de lire ce qu'ils en disent eux-mêmes sur la page Bandcamp de l'album (l'origine des morceaux y figure également), les renseignements sont pour ainsi dire inexistants sur la toile.

mardi 18 avril 2017

Tigran Hamasyan

Tigran Hamasyan : An Ancient Observer
(2017 - Nonesuch Records)
Pour ce huitième album, le génial pianiste arménien revient vers le jazz mais de manière plus sobre que dans Mockroot (2014). (1)
Ici, à l'exception de mélodies chantées ou de rythmes également effectués vocalement, c'est au piano et à la dextérité de l'artiste que revient la part belle.
Cependant, Tigran Hamasyan est loin de renier ses autres influences et prend un plaisir évident à les mêler toutes.
Si l'« aspect rock » de sa musique est moins frappant, l'influence de la tradition arménienne ne cède pas un pouce de terrain, quelques effets (2) venant s'ajouter et le talent de composition de l'auteur en font une chose reconnaissable entre toutes.
L'une de celles qui me semblent les plus intéressantes et enthousiasmantes actuellement.
(3)
Un exemple : The Cave of Rebirth.

Musicien :
Tigran Hamasyan : piano, chant, synthétiseurs, Fender Rhodes, effets

(1) Luys I Luso (2015), l'album précédent celui-ci, quant à lui, se penchait sur la musique sacrée arménienne (plus de renseignements ici).
(2) Principalement sur la voix.
(3) Au risque de me tromper, à l'écoute d'un de ces nouveaux titres, il m'a semblé reconnaître des variations autour de mélodies d'un précédent. Il s'agit de « Nairian Odyssey » (sur cet album, donc) et de « The Glass-Hearted Queen » (que l'on trouve sur Red Hail d'Aratta Rebirth, le groupe de Tigran Hamasyan.

vendredi 3 mars 2017

Funk Factory

Funk Factory : Funk Factory
(1974 - Atlantic)
Si on m'avait cité ce groupe sans que je n'entende auparavant, par le plus grand des hasards, (1) ces 5,16 minutes de pur bonheur, j'aurais probablement eu la même réaction que les personnes auxquelles je le cite aujourd'hui. Le seul énoncé de ce groupe provoque systématiquement un « houlà » suivi d'un soupir entendu. Premier indice qu'il ne l'a pas été.
Unique album de ce groupe américain, Funk Factory propose l'un des meilleurs jazz-rock qu'il m'ait été donné d'entendre. Un pur joyaux qui peut aisément se ranger aux côtés de Spectrum ou de Head Hunters, pour rester dans ce style « afro-américain ». (2)
Cerise sur le gâteau, pour peu qu'on s'y penche : cet unique album en cache des dizaines puisque nous y retrouvons, entre autres, Michal Urbaniak et Urszula Dudziak, tous deux nés en Pologne en 1943 et respectivement auteurs de 44 et 22 albums, (3) tout en ayant joué avec de grands noms. (4)
Et s'ils jouent dans cet album, ils en sont également les producteurs.
L'album : Funk Factory.

Musiciens :
Michal Urbaniak : saxophones, violon
Urszula Dudziak : voix, percussions, synthétiseur
Bernard Kafka : voix
Wlodek Gulgowski : claviers, piano, Moog
Anthony Jackson : basse
Steve Gadd : batterie
Barry Finnerty : guitare
Gerald Brown : batterie
B. K. Singers : voix
Irene Howard : voix
Tony Levin : basse
John Abercrombie : guitare
(B. K. Singers : Laura Tequila Logan, Ann Tripp, Bill Ruthenberg et Bernard Kafka)

(1) Merci FIP, c'était un matin vers 10h00 dans une camionnette de La Poste, il y a quelques années (et j'ai signé la pétition).
(2) J'assume.
(3) Ce sont les chiffres donnés sur les pages de Wikipédia, mais la discographie de Michal Urbaniak est simplement impressionnante.
(4) Comme Bobby McFerrinBilly CobhamChick CoreaGeorge BensonHerbie HancockLarry CoryellMarcus MillerQuincy JonesRon CarterWayne Shorter et Weather Report, pour ceux que je connais.

samedi 14 février 2015

Tigran Hamasyan

Tigran Hamasyan : Mockroot
(2015 - Nonesuch)

Sixième disque du compositeur et pianiste Tigran Hamasyan, Mockroot dévoile une fois de plus le talent incontournable du musicien arménien et semble élargir encore son terrain de jeu.
Toujours piochant dans de nombreuses influences (1) mais fortement marquée d'une empreinte des plus personnelles,  la musique de Mockroot nous emmène vers des contrées aux paysages très contrastés.
Ballades tendres ou mélancoliques, soudaines envolées arythmiques et incisives qui mêlent les inspirations, boucles et sonorités qui ne feraient pas pâlir bon nombre de groupes electro, martelages lourds et puissants, mélodies chantées... 
Ici, la guitare électrique présente dans l'album Red Hail a disparu, laissant néanmoins les influences metal bien présentes.
Autant d'ingrédients qui font de ce disque, après de très nombreuses écoutes, un plaisir toujours renouvelé, jamais avare de découvertes et de surprises.
Une merveille.
Vivement le concert ! (2)

Musiciens :
- Tigran Hamasyan : piano, claviers et chant
- Sam Minaie : basse
- Arthur Hnatek : batterie
(3)

(1) Principalement le jazz et le rock mais également la tradition musicale arménienne et le metal. Pour ce qui est de ce dernier, les admirateurs du groupe Meshuggah ne s'y sont pas trompés et laissent connaître leur enthousiasme parmi les commentaires des vidéos mises en exemples. (4)
(2) Le 03 mars au Trianon (Paris 18), 20h00.
(3) Je n'ai pu trouver nulle part le nom de la chanteuse présente sur Mockroot.
(4) Pour ceux que la fusion du jazz et du metal intéresse, Tigran Hamasyan dévoile (ou confirme) ses goûts et influences ici.

dimanche 31 août 2014

Aratta Rebirth

Aratta Rebirth : Red Hail
(2009 - Plus Loin Music)

Aratta Rebirth est le quintette du jeune et prodigieux pianiste arménien Tigran Hamasyan qui s'était déjà fait connaître par son parcours époustouflant (1) et ses premiers disques de jazz qui offraient une musique très riche et complexe où s'entendait déjà une fusion de ce genre avec la musique traditionnelle arménienne. (2)
Troisième album du prodige, Red Hail ne propose pas moins de richesse et y ajoute même une dimension des plus surprenantes : le metal.
Jusqu'à cet album dont j'éprouve toutes les peines du monde à sortir, l'étiquette jazz-rock n'avait jamais englobé ce que le quintette offre à entendre, donnant une dimension beaucoup plus vaste à un style déjà bien ancré dans l'oreille des connaisseurs. Le fait est qu'il s'agit plus que jamais de jazz-rock bien que, dans ce cas précis, l'appellation en devienne des plus réductrice.
À ma connaissance, metal et jazz n'ont jamais cohabité aussi complètement que sur ce disque d'Arrata Rebirth, donnant aux amateurs des deux genres, à défaut de s'entendre, l'occasion de s'écouter respectivement et respectueusement.
L'univers est beaucoup plus riche et enthousiasmant depuis Red Hail. Et l'on guettera attentivement la prochaine apparition de la formation qui lui a donné naissance.
Quelques exemples : Red HailLove SongFallingCorrupt.

Musiciens :
Ben Wendel : melodica, basson, saxophones soprano et ténor
Areni Agbabian : chant
Tigran Hamasyan : piano, Fender Rhodes, claviers, synthétiseur
Nate Wood : batterie
- Sam Minaie : guitare électrique, contrebasse

(1) Il a aujourd'hui 27 ans et son histoire personnelle avec la musique en compte déjà 25. On peut lire quelques précisions supplémentaires sur la page Wikipédia qui lui est consacrée.
(2) World Passion en 2006 et New Era en 2007. Après Red Hail, la carrière du musicien se poursuit avec A Fable et EP n°1 en 2011, puis Shadow Theatre en 2013.

lundi 28 janvier 2013

Youn Sun Nah

Youn Sun Nah : Same Girl
(2010 - Act Music)

Youn Sun Nah, originaire de Séoul installée en France depuis 1995, nous offre avec ce dernier album une collection de reprises variées qui, toutes, se trouvent grandies par une voix pure, d'une netteté et d'une précision rares.
Si son premier disque est celui que je préfère, (1) Same Girl donne un très bon aperçu des talents multiples de la chanteuse coréenne, que ce soit par son registre étendu ou sa capacité à passer de la douceur à la puissance. Néanmoins, on peut regretter qu'elle ne se lance pas dans des styles plus atypiques. (2) En outre, il semble que la dame acquière sa pleine mesure sur scène.
Same Girl reste tout de même un album varié et de très bonne tenue qui permettra à chacun une première approche, pour ceux capables de se passer de la joie qu'éprouve sans doute possible l'artiste à exercer son art sur scène.

Musiciens et invité :
- Youn Sun Nah : voix, kalimba, music box, kazoo
- Ulf Wakenius : guitares
- Lars Danielsson : basse acoustique, violoncelle
- Xavier Desandre-Navarre : percussions
- Roland Brival : narration (La Chanson d'Hélène)

(1) Reflet (2001), avec, entre autres, une reprise des plus dynamisantes de The Jody Grind.

dimanche 4 mars 2012

One Shot

One Shot : Vendredi 13
(2001 - Soleil Zeuhl Records)

Le quatuor français One Shot fait partie de ces rares formations assimilées plus ou moins pertinemment au mouvement Zeuhl, ce genre musical initié par Christian Vander au sein de son groupe Magma dans les années 1970. Dans ce cas, le rattachement n'a rien de véritablement surprenant puisque trois des musiciens ont fait partie de Magma. (1)
Si les ambiances et les sons choisis pour les quatre disques du groupe rappellent souvent Magma, c'est Vendredi 13, enregistré en public, qui s'en rapproche le plus. (2)
Le reste de la production offre un jazz-rock riche et typé, toujours exigeant et de haute volée, assez difficile d'accès.
Un exemple : One Shot live. (3)

Musiciens :
- James MacGaw : guitare
- Emmanuel Borghi : clavier
- Philippe Bussonnet : basse
- Daniel Jeand'heur : batterie

(1) Seul le batteur n'a jamais fait partie du groupe de Christian Vander.
(2) Particulièrement sur les titres I Had A Dream (parts 1 & 2) et Urm.
(3) Comme je ne trouve pas de titres de Vendredi 13, voici une vidéo qui contient des extraits de cet album.

mardi 15 novembre 2011

Tal Wilkenfeld

Tal Wilkenfeld : Transformation
(2006 - Ais)

C'est à 14 ans que l'australienne Tal Wilkenfeld (1) apprend à jouer de la guitare puis l'abandonne pour la basse à l'âge de 17 ans et se fait très vite repérer. Un an plus tard, elle part pour New York et joue dans des clubs de jazz.
Transformation sort en 2006 et, bien que baignant dans le jazz et le jazz-rock, ne dédaigne pas quelques accents plus blues ou funk. Les excellents musiciens qui l'entourent ici  confirment bien le talent de cette toute jeune prodige.
Et quelques autres plus ancrés dans le milieu ne s'y trompent pas : à l'écoute des démos de cet album, Chick Corea décide qu'elle le rejoigne sur sa tournée en 2007 et Jeff Beck fait de même quelques mois plus tard.
Elle jouera également avec Herbie Hancock, Eric Clapton et Warren Haynes... (2) pour ne citer que les plus connus.
Quelques exemples : BCCosmic JokeOatmeal BandageTable For One.

Musiciens :
- Tal Wilkenfeld : basse
- Wayne Krantz : guitare
- Geoffrey Keezer : piano, claviers
- Keith Carlock : batterie
- Seamus Black : saxophone tenor

(1) Tal naît en 1986.
(2) Oui, celui des Allman Brothers qui a initié le fulgurant Gov't Mule...

dimanche 9 octobre 2011

Magnus Öström

Magnus Öström : Thread Of Life
(2011 - Act Music)

Suite à la mort tragique d'Esbjörn Svensson et la disparition prématurée de l'Esbjörn Svensson TrioDan Berglund et Magnus Öström ont poursuivi séparément leur carrière.
Avec ce premier album, Magnus Öström ne s'éloigne pas vraiment de la musique jouée précédemment, bien que certains morceaux puissent s'apparenter davantage au jazz rock. Le son et les compositions de Thread Of Life renvoient néanmoins très souvent à ceux du trio disparu et en font un album-hommage. (1)
Si l'on peut regretter que Magnus Öström n'ait pas davantage innové, que ce premier album semble rester volontairement en-deçà de la brillance du trio disparu, il n'en vaut pas moins le détour et l'on peut supposer que le batteur finira par s'émanciper de l'énorme présence du pianiste de génie qu'il a accompagné durant des années.
Quelques exemples : Afilia MiBallad For E.

Musiciens  et invités :
- Thobias Gabrielson : basse
- Andreas Hourdakis : guitares
Gustaf Karlöf : claviers
Magnus Öström : batterie
- Pat Metheny : guitare
Dan Berglund : basse

(1) Dan Berglund, le bassiste d'E.S.T. a également  sorti deux albums, Dan Berglund's Tonbruket et Dig It To The End, plus éclectiques, plus personnels et plus difficiles d'accès.

dimanche 28 août 2011

Esbjörn Svensson Trio

Esbjörn Svensson Trio : Seven Days of Falling
(2003 - Act Music / Vision)

Proposant l'un des jazz les plus innovants de ces dernières années, ce groupe suédois, après des débuts assez classiques, n'a pas cessé d'intégrer de nouvelles sonorités empruntées à d'autres styles de musiques pour que la sienne reste toujours plus surprenantes, forçant l'auditeur à prêter une oreille attentive au-delà du plaisir d'entendre trois véritables virtuoses.
Pour répondre à la question d'un ami qui découvrait Seven Days of Falling (« Mais... tu es sûr qu'il n'y a pas de guitare électrique ? ») : non, il n'y en a pas. Une contrebasse et un archet associés à une pédale d'effets, oui. Mais pas de guitare électrique.
Le trio, en perpétuelle recherche, nourrit sa musique d'ambiances et de sonorités rarement entendues dans le jazz et résolument ouvertes vers le futur plutôt que vers l'exécution parfaite du passé.
Esbjörn Svensson nous a malheureusement quitté en 2008 lors d'un accident de plongée sous-marine, son autre passion. Passion qui lui a procuré, entre autres, des sons qu'il a parfois intégrés avec bonheur dans sa musique.
L'écoute attentive et chronologique des albums du trio est fascinante tant sa transformation sonore et son enthousiasme a être lui-même est évidente.
Quelques exemples : Elevation of LoveDid They Ever Tell Cousteau ?, O.D.R.I.P.In My Garage.


Musiciens :
- Esbjörn Svensson : piano, claviers
- Dan Berglund : contrebasse
- Magnus Östrom : batterie, percussions

samedi 27 août 2011

Wynton Marsalis

Wynton Marsalis Septet : Citi Movement
(1992 - Sony Music)

Né d'un père musicien, Wynton Marsalis apprend la trompette très jeune et brille rapidement pour ses talents d'interprète dans la musique classique puis se dirige sérieusement vers le jazz.
C'est au chorégraphe Garth Fagan que l'on doit cette œuvre somptueuse du trompettiste puisqu'il s'agit d'une commande.
Devant prêter sa musique à un spectacle centré sur le thème de la ville, Wynton Marsalis se fait descripteur et donne une des musiques les plus expressives du genre. Le premier morceau donne une vision d'un trafic automobile hésitant aux premières heures d'activité d'un New York des années 1920. (1) Arrêt et reprise de la circulation, coups de klaxons nerveux ou furieux, sirènes, coups de frein, bourgeoise hautaine qui traverse en toisant les conducteurs et claquant de la langue pour que Fifi avance, sifflet qui régule ou provoque le tout. Puis, la journée s'étire et l'ont assiste en accéléré à la vie quotidienne des citadins. Les terrasses, les travailleurs, les promeneurs. Et les salles de bals qui se remplissent, le charleston qui éclate, les cuivres qui se diluent dans la fumée des bars et croise les bruits de verres faisant connaissance. Le tremblement d'un blues qui se cherche sur un clavier... Puis le troitoir luisant de pluie sous les pas mal assurés du solitaire qui croise le couple amoureux sans le voir alors qu'il revient lentement chez lui. Un disque de jazz que l'on lance quelques étages plus haut. On entend même un chat miauler pas très loin... Une pause. Puis la foule bougonne qui se presse dans le métro. Et d'autres scènes. Beaucoup d'autres. (2)
On y est et toute la palette d'émotions que l'on nous décrit au creux de l'oreille devient trésor personnel. Un beau voyage et de superbes souvenirs.
Le disque peut s'écouter ici : Citi Movement.

Musiciens :
- Wessell Anderson : sax (alto)
- Wycliffe Gordon : trombone
- Herbert Harris : sax (tenor)
- Wynton Marsalis : trompette
- Eric Reed : piano
- Herlin Riley : batterie
- Marthaniel Roberts : piano
- Reginald Veal : basse
- Todd Sebastian Williams : sax (tenor et soprano)

(1) La datation des images provoquées par l'œuvre ne vient en fait que plus tard mais les écoutes suivantes font de cette date un choix évident, même pour ce premier morceau.
(2) Me relisant, je veux ôter toute confusion possible : aucun son n'étant pas joué par ce septet n'a été ajouté à cette œuvre.

mardi 23 août 2011

Carla Bley & Steve Swallow

Carla Bley & Steve Swallow : Duets
(1988 - Watt)

Un piano incisif (Carla Bley) et une basse électrique chaleureuse (Steve Swallow) pour ce couple très intime qui donne un sens des plus justes au nom de cet album précieux.
Dans ce Duets jouant un jazz calme et feutré aux accents modernes, si Steve Swallow compose les deux titres que je préfère, c'est à Carla Bley que reviennent l'ambiance générale du disque et ce chef-d'œuvre qu'est Reactionary Tango avec ces trois parties envoûtantes qui détonnent du reste de l'album.
Les deux instruments sont doux et tendres, s'enlacent et se répondent, se titillent et s'enflamment, à l'image d'un couple qui vient de se trouver ou s'est perdu depuis longtemps et se retrouve enfin. De nombreuses écoutes font toujours découvrir un geste, un regard, une onde qui nous auraient échappés lors d'une audition précédente.
Ces deux-là s'aiment et le font entendre. D'une manière radieuse. Merci d'avoir posé des sons sur un tel événement.
Quelques exemples : Sing Me Softly of the BluesLadies in MercedesReactionary Tango (pts 1, 2 & 3).


Musiciens :
- Carla Bley : piano
- Steve Swallow : basse