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dimanche 8 juillet 2018

Dafné Kritharas

Dafné Kritharas : Djoyas de mar 
(2018 - Lior éditions) 
Paraissant surgie de nulle part, cette toute jeune chanteuse franco-grecque sort ici son tout premier disque et se place d'emblée, avec les talentueux musiciens qui l'entourent, parmi ceux qui auront compté plus que d'autres au court de cette année pourtant loin d'être achevée.
Si la voix de la jeune femme est tout simplement fabuleuse, (1) le groupe aux origines variées (2) n'est pas en reste et offre cette douzaine de joyaux dont j'éprouve le plus grand mal à m'extirper.
L'origine de l'album, sous-titré Chants grecs et judéo-espagnols de la mer Égée, vient de certaines similitudes que l'on peut percevoir dans les deux musiques que sont le rebetiko grec et la chanson juive-espagnole. Merveilleusement réinterprétées ici et exécutées avec une dextérité et une finesse rares.
Attention : disque aussi court (3) qu'exceptionnel. 

Quelques exemples : Katinaki mou gia senaAïdonikos choros.

Musiciens :
Dafné Kritharas : chant
- Paul Barreyre : guitare, chant
- Camille el Bacha : piano
- Naghib Shanbehzadeh : percussions

(1) Digne des plus grandes sans pour autant avoir reçu de formation vocale formelle et ne sachant pas lire la musique. D'autres informations peuvent se lire dans cette très intéressante critique.
(2) Le guitariste est français, le pianiste a des origines libanaises et le percussionniste est iranien.
(3) Pas tout à fait 37 minutes, toutes absolument indispensables.

mardi 3 juillet 2018

Sarakina

Sarakina : Sarakina 
(2001 - Autoproduction) 
Avec ce premier album le groupe polonais Sarakina explore et s'amuse avec les traditions d'Europe de l'est.
Pouvant paraître « classique » au premier abord sa musique se révèle rapidement novatrice et impulsive, n'hésitant pas à s'éloigner notablement de son aire de jeu. La contrebasse, jouée « jazz » et mise très en avant, augmente cet effet de mélange, dynamise l'ensemble, donne un fil à suivre dans cette pluie de mélodies très travaillées et parfaitement exécutées par de grands virtuoses.
Trois ans après, arrive le second album, (1) encore plus maîtrisé si faire ce peut, explosant davantage les codes et laissant encore plus de champs à la créativité du groupe, aux arrangements somptueux ainsi qu'à une utilisation de la voix rarement rencontrée lorsqu'elle est soliste.
Le troisième album sort quatre ans plus tard (2) et, de manière surprenante, n'offre que des pièces de Chopin. (3) Sarakina dévoile ici toute l'ampleur de son talent de composition et d'interprétation. Peu à peu, musiques classique et traditionnelle deviennent autre, à part entière, unique.
Un groupe incontournable selon moi et qui mériterait d'être beaucoup plus connu qu'il ne l'est actuellement.
Je pense que l'on peut parler de « groupe d'avant-garde », pour ce que ça veut dire. (4)

Quelques exemples : (5) On the Road, Zaljubih mamo tri momi.


Musiciens et invités :
Jacek Grekow : accordéon, cornemuses, kaval
- Jan Mlejnek : clarinette, tambura
- Bartosz Mlejnek : contrebasse
- Bartosz Zwolski : percussions, Tarambuka, Tapan
- Weronika Grozdew : chant

(1) Junctions (2004).
(2) Fryderykata (2008).
(3J'étais inquiet pour celui-ci, maîtrisant fort mal mon Chopin et craignant de passer à côté de la chose. J'ai reconnu un seul morceau... Celui qui répond au doux nom de « Waltz in D flat major Op. 64 No. 1. ». Personne ne peut le louper. Suivront Dance of Fire (2012) et Sarakina Live in Studio (2017) que je ne connais pas encore à cette heure.
(4) Mon billet est fort imprécis, les curieux pourront lire des critiques dignes de ce nom sur le site-même du groupe.
(5) Live et illustrant d'autres albums puisque je ne trouve pas d'exemples de celui-ci...

dimanche 17 juin 2018

Mohama Saz

Mohama Saz : Negro es el poder 
(2017 - Humo) 
Deux ans après un premier album déjà fort recommandable, (1) les quatre espagnols de Mohama Saz récidivent avec Negro es el poder, en élargissant notablement leur spectre par la présence de nouveaux musiciens et instruments.
Si le rock est la caractéristique principale du groupe, ce dernier cède avec grand bonheur à de très nombreuses influences (2) et nous offre une musique très riche et très inspirée, navigant entre le rock, (3) le jazz-rock et les musiques traditionnelles.
Tous composés par Mohama Saz, chaque titre appelle à être rejoué de multiples fois, les boucles chères à ce style donnant ici l'occasion d'embellissements fabuleux et d'une profusion de détails qui s’accommoderaient guère d'une écoute superficielle.
Si le groupe semble se défendre de proposer une musique de fusion, ça n'en pas moins une à mon sens.

L'album : Negro es el poder.

Musiciens et invités :
Adrián Ceballos : batterie, percussions, chant
- Arturo Pueyo : clarinette, saxophone
- Javier Alonso : baglama acoustique et électrique, chant
- Sergio Ceballos : basse, bouzouki, percussions, chant
- Alex Pewlo : santour, tambûr
- Roberto Lorenzo Elekes : trombone
- Dario Santamaria : flûte
- Andrés Freites : percussions
- Rubén, Sara Islan et Demetrio Salas : chant

(1) More Irán (2015).
(2) Européenne et ottomane, pour les principales.
(3) Psyché.

jeudi 31 mai 2018

Avec joie et docilité

Johanna Sinisalo : Avec joie et docilité
Auringon ydin (2013)
éd. Actes Sud, 2016 
trad. Anne Colin du Terrail, couv. Chez Gertrud

République eusistocratique de Finlande, 2013. La nation a pris en compte ses erreurs historiques.
La stabilité sociale et la santé publique sont désormais les valeurs prédominantes. Tout ce qui procure du plaisir ou est susceptible de causer une quelconque dépendance est formellement interdit, y compris le café. À une exception près : le sexe. La distribution de sexe  un produit de consommation essentiel à la paix sociale doit être aussi efficace que possible. À cet effet, le corps scientifique gouvernemental a généré une nouvelle sous-espèce humaine, les éloïs. De type blond, réceptive et soumise, l'éloï est jugée apte pour le marché de l'accouplement et sera vouée à favoriser par tous les moyens le bien être de son époux. Les morlocks, en revanche, éléments de la population féminine jugés trop indépendants et difficilement domesticables, sont une espèce en voie de disparition. Stérilisées dès leur plus jeune âge, elles constituent un réservoir de main-d'œuvre affectée à des tâches de nature répétitive.
Vanna est née avec les traits d'une éloï mais le caractère d'une morlock et réussit, au prix de mille efforts, à se faire passer pour une éloï. Mais la comédie risque d'être de courte durée, l'intelligence et la curiosité se laissent difficilement dompter...
Avec beaucoup de finesse, Johanna Sinisalo nous invite à nous interroger sur les mécanismes de la manipulation des masses et la place de la femme dans nos sociétés. Un thriller dystopique aussi troublant que ludique par la reine du finish weird.
Sous la forme réussie mais trompeuse d'une fable dystopique (1) remarquablement agencée, toute en contrastes saturés et oppositions outrées, Johanna Sinisalo nous propose une vision coup de poing de travers et dérives aberrantes que peuvent présenter nos sociétés.
Le propos n'est pas nouveau mais, pour une fois, le politiquement correct n'a pas eu droit au chapitre et, ne cédant pour ainsi dire jamais à la facilité de se révolter de manière on ne peut plus légitime, l'autrice, sans fard (!), sans le moindre recul, sans le plus petit filtre, nous balance à la tête des images et des situations qui n'ont rien d'irréel mais dont toute l'absurdité est mise en avant, outrée, surexposée.
Ce n'est pourtant rien d'autre que le monde, tel que nos ancêtres et nous-mêmes l'avons connu à différentes époques dont la présente, qui nous est décrit. À mon sens, (2) l'adoption de cet angle de vue bien particulier sur les choses fait une grande différence : Sinisalo se moque, juge très sévèrement tout en offrant un texte très souvent hilarant si l'on prend le recul nécessaire. (3)
Si le patriarcat, qui n'a jamais cessé de sévir me semble-t-il, se voit sans hésitation refaire le portrait, l'autrice n'oublie pas pour autant de se demander pourquoi certaines femmes semblent jouer le jeu et se satisfont (voire recherchent) cette situation qui n'a pas le moindre sens. C'est frappant dès la couverture du roman qui peut s'interpréter de différentes manières.
Johanna Sinisalo semble avoir largement dépassé le stade de la colère et s'appuie sur celui d'un rire glaçant et impitoyable. Une critique sociale et politique sardonique et affligée tout autant qu'hilarante. Du rire et de l'horreur.
Avec joie et docilité se penche également vers ceux qui ne peuvent pas s'en satisfaire mais vivent pourtant au beau milieu de ce qui les révolte, ceux pour qui certaines règles sont inacceptables mais qui, jour après jour, s'y conforment néanmoins, sont entraînés dans un tourbillon grotesque et apparemment sans fond. Ces déviants de toute espèce qui n'aiment pas penser en rond et recherchent l'évasion par l'esprit, que ce soit artificiellement ou non.  Mais l'autrice se penche particulièrement sur les seconds et, il me semble, démontre une connaissance qui donne à penser qu'elle les a observé de près et qu'elle les a compris. (4)
Bref, j'ai totalement adoré et je pourrais en causer durant des heures mais, là, à moi-même, c'est un peu chiant...
Pour distribuer de vigoureuses taloches à tout le monde tout en éclatant sincèrement de rire devant un absurde démesuré, je ne connaissais que Catherine Dufour. (5)

(1) Bien entendu, c'en est une ! Impossible de ne pas penser à Brunner, Atwood ou Orwell, pour ne citer que ceux-ci qui, comme Johanna Sinisalo, ont décrit des sociétés cauchemardesques qui sont les reflets grossis de celles dans lesquelles nous nous ébattons joyeusement à grands coups de pouces vers le haut et... vers le bas.
(2) Mais je peux me tromper, je ne connais pas tout. D'autres auteurs ont peut-être usé comme elle de ce registre.
(3) Dans le cadre d'une lecture de roman, on peut s'y autoriser. Mais qui a pu résister et empêcher le rire en lisant les extraits de documents gouvernementaux, du code de loi, de manuels scolaires ou de préparation aux bals et mariages et autres qui, tous, ressemblent parfois furieusement à ce que nous connaissons ?
(4) En ce sens, cette eau sombre qui clapote au fond de la Cave, tout au long du roman, m'a frappé. Tout le monde a une eau sombre qui clapote au fond de la Cave et, à un moment ou à un autre, se voit bien obligé d’écoper...
(5) Attention, ce n'est pas le même ton...

dimanche 27 mai 2018

Dans la toile du temps

Adrian Tchaikovsky : Dans la toile du temps
Children of Time (2015)
éd. Denoël, Lunes d'Encre, 2018 
trad. Henry-Luc Planchat, couv. Gaelle Marco

La Terre est au plus mal... Ses derniers habitants n'ont plus qu'un seul espoir : coloniser le « Monde de Kern », une planète lointaine, spécialement terraformée pour l'espèce humaine. Mais sur ce « monde vert » paradisiaque, tout ne s'est pas déroulé comme les scientifiques s'y attendaient. Une autre espèce que celle qui était prévue, aidée par un nanovirus, s'est parfaitement adaptée à ce nouvel environnement et elle n'a pas du tout l'intention de laisser sa place. Le choc de deux civilisations aussi différentes que possible semble inévitable. Qui seront donc les héritiers de l'ancienne Terre ? Qui sortira vainqueur du piège tendu par la toile du temps ?
Premier roman de l'auteur paru en France, Dans la toile du temps s'inscrit dans la lignée du cycle de L'Élévation de David Brin. Il nous fait découvrir l'évolution d'une civilisation radicalement autre et sa confrontation inévitable avec l'espèce humaine. Le roman a reçu le prix Arthur C. Clarke en 2016.
Somptueux planet opera, (1) ce premier roman d'Adrian Tchaikovsky démontre avec brio la grande connaissance du genre que possède son auteur, ainsi que sa capacité à s'emparer de thèmes déjà traités par d'illustres prédécesseurs (2) pour les mettre au service de son histoire.
Loin d'être une resucée d'histoires mainte fois lues, le roman d'Adrian Tchaikovsky intègre ses propres idées et passions, intercale avec art les deux formes de vie qui l'intéressent ici. D'un côté, les maigres restes d'une humanité exsangue et acculée à quémander sa survie, de l'autre, une civilisation naissante et artificiellement accélérée. (3)
Trompeuse, la présentation de l'éditeur pourrait faire croire à une confrontation entre deux formes de vie pour leur propre existence. Mais c'est de difficulté à se comprendre dont nous parle ici l'auteur, de tout l'intérêt qu'il peut y avoir à tenter de saisir ce qu'est l'Autre, de l'intégrer à son mode de vie en modifiant le sien propre de manière conséquente sinon radicale, afin que cela soit possible. Si choc il y a, il est culturel avant tout.
Entre autres thèmes dont se sert l'auteur, celui de la croyance religieuse est très présent, une comparaison intéressante étant faite de deux conceptions opposées de celle-ci.
La toute fin du roman indique que la réflexion est loin d'être entièrement contenue dans celui-ci, pourtant déjà très riche, extrêmement dense et d'une minutie captivante. Comme un second roman d'Adrian Tchaikovsky semble prévu l'année prochaine, j'aime à espérer qu'il prolongera aussi brillamment les pistes empruntées par celui-ci.
Pour ceux qui n'oseraient pas saisir ce livre par crainte de la forme de vie non-humaine choisie par l'auteur, ne vous arrêtez pas à cela. Il s'agit simplement d'une forme de vie... différente. Et aucune des images que vous pourriez craindre ne viendra vous faire frissonner d'horreur. Bien au contraire !
Et puis... comment ne pas encenser un livre dans lequel je trouve pour la première fois de ma vie une définition de la femelle idéale qui me convient ? (4)

(1) Voir ce qu'en dit la page Wikipédia consacrée à cette branche de la SF.
(2) Le vibrant hommage rendu à David  Brin, outre son signalement par la quatrième de couverture, est clairement revendiqué par l'auteur dès la première ligne de son roman. Ce dernier, de loin en loin, ne pouvant que rappeler les incursions d'autres auteurs dans les nombreuses thématiques qu'il présente.
(3) Visiblement, ce n'est pas l'humanité qui intéresse le plus Adrian Tchaikovsky, ce qui semble lui être systématiquement reproché par les lecteurs dont j'ai pu lire les avis mais qui ne m'a absolument jamais dérangé, certaines scènes côté humain étant en outre très drôles dans leur description.
(4) Page 358, vers le bas. « Pour Fabian, la femelle idéale possède trois qualités : [...] ». Vous ne pensiez tout de même pas sérieusement que j'allais vous la livrer ici ?

mardi 1 mai 2018

Lazarus

Lazarus : Lazarus 
(1971 - Bearsville) 
Trio américain mené par le compositeur, chanteur, violoniste et guitariste Billie Hugues, (1) Lazarus sort ce premier album en 1971, (2) véritable merveille de compositions qui, toutes, font preuve d'un sens des plus aiguës de la mélodie et des harmonies. Tout est beau dans ce disque, certaines mélodies étant à mon sens belles à en mourir et capables de faire fondre le plus rock des rockers. (3)
Ballade folk-rock après ballade folk-rock, le groupe sait toucher sans efforts repérables et piège pour longtemps l'auditeur (4) qui se demande bien comment il a pu louper ce bijou pendant 47 ans.
Ce que j'ignore, c'est l'investissement du directeur musical, Peter Yarrow. (5) La richesse et le travail sur les voix et les arrangements me laissent néanmoins penser qu'il n'a pas hésité à retrousser les manches. (6)
Pour ceux qui aiment les comparaisons, si les ballades de Neil Young ou les chansons de Simon and Garfunkel ne vous font pas fuir en hurlant, vous pourriez bien vous régaler autant que moi. Bizarrement, j'ai également pensé à Harmonium bien que ces groupes soient très différents.
Le monde est beau. (7)

Quelques exemples : Refugee, Whatever Happened, Eastward.

Musiciens :
- Carl Keesee : basse, chant

- Bill Hughes : guitare, violon, chant
- Gary Dye : piano, orgue, chant

(1) Une longue et bien remplie carrière s'offrira à lui par la suite, puisqu'il sera l'auteur de nombreuses compositions (parfois avec sa compagne Roxanne Seeman) pour des musiciens renommés ainsi que pour le cinéma et la télévision).
(2) Un second disque du groupe voit le jour en 1973, A Fool's Paradise, peut-être un cran au-dessous de celui-ci mais je ne vois aucune autre « raison » que le goût personnel pour écrire cela...
(3) Tout du moins parmi ceux qui écouteront ce qui se passe dans ce disque fabuleux et dont la mauvaise foi ne fera pas pousser une longue et virile plainte d'agonie tout en sortant un briquet de la main droite et un mouchoir de la gauche.
(4) Je. Mais d'autres s'identifieront peut-être après écoutes attentives ?
(5) Lui-même guitariste, chanteur et compositeur au sein du trio Peter, Paul and Mary, que je ne connais pas bien encore mais dont le premier album, Peter, Paul and Mary date de 1962.
(6) J'allais raconter mais... je vous invite plutôt à lire, si ce n'est déjà fait, ce que dit la page Wiki dédiée au groupe Lazarus au sujet de ses débuts.
(7) Si, si, parfois...

dimanche 22 avril 2018

Melvins

Melvins : Pinkus Abortion Technician 
(2018 - Ipecac Recordings)
Melvins nous revient cette année encore, en pleine forme, fidèle à lui-même, et parvient une fois de plus à casser la baraque.
Après un premier titre qui se révèle être deux reprises enchaînées, les quinquagénaires (1) survoltés nous livrent pépite sur pépite, passant plus que jamais du coq à l'âne, n'obéissant qu'à leurs envies mais soucieux de toujours surprendre, ce que ne manquent pas de faire des titres d'une efficacité redoutable et d'une inventivité des plus rares.
Du blues-rock lancinant et hypnotique qui glisse lentement vers le psyché à la reprise explosive (2) des Beatles (3), de la ballade accompagnée au banjo qui s'arrête, interloquée, pour reprendre dans une tentative réussie à faire pâlir bon nombre de groupe de stoner, en passant par la reprise asthmatique des Butthole Surfers (4)... le moindre recoin de cet album est délectable.
Assurément l'un des albums qui quitteront pour moi cette année.
(5)

L'album : Pinkus Abortion Technician.

Musiciens et invités :
- Roger Osborne (6) : guitare, chant

- Dale Crover : batterie
- Jeff Pinkus (7) : basse, banjo, chant
- Steve McDonald (8) : basse, chant

(1) !
(2) Si ce n'est explosée... mais complètement jubilatoire.
(3) J'ai bien failli ne pas la reconnaître...
(4) L'original est ici (à 25'35'') et, oui, il y a donc bien quatre reprises au total occupant trois titres de cet album qui en compte huit.
(5) Bizarrement, j'étais resté sur une impression mitigée de l'album précédent du groupe. En fait, non : si l'on excepte les quatorze derniers morceaux (sur 23), c'est également une tuerie.
(6) Plus connu sous les pseudonymes Buzz Osborne ou King Buzzo.
(7) Sur  « Don't Forget to Breathe »« Flamboyant Duck »« Break Bread » et « Prenup Butter ».
(8) Sur « Embrace the Rub ».

mercredi 21 février 2018

Xanerge / Artús


 

Xanerge : ixo.sho (2010 - Pagans)
Artús : Ors (2016 - Pagans)
Récente et heureuse découverte provoquée par le disque évoqué dans le billet précédent, le label Pagans (1) présente nombre de groupes actuels qui puisent leur inspiration au cœur des traditions. Que l'on apprécie ou non, que tous les disques ne suscitent pas le même intérêt selon les attentes que l'on a, la démarche relève sans conteste d'une volonté de partage doublée d'une invitation à se mêler en chérissant et nourrissant les différences de l'autre.
Chacun à sa manière, les groupes français Xanerge et Artús s'emparent donc de cette tradition (2) dont ils semblent s'être nourris depuis toujours et nous la transmettent transformée. Une démarche commune (3) qui, sans qu'elle aboutisse au même résultat, multiplie les surprises, se révèle aussi riche qu'innovante et parmi les plus vivantes.
Si Artús est résolument tourné vers des sonorités plus électriques, rock (4) et sombres, les deux groupes sont bel et bien ancrés dans leur époque. La vielle à roue et l'expression en langue occitane sont les deux vecteurs principaux de ces musiques, certes, mais les deux formations en usent différemment et donnent chacune une vision des plus personnelles, pleine de trouvailles.
Pour en revenir à la démarche politique de ces groupes, je ne résiste pas au plaisir de coller ici les dédicaces présentes sur ixo.sho (5) :
« Nous dédicaçons notre disque :
– À toutes les personnes qui sont persécutées pour vouloir franchir des frontières en cherchant un avenir meilleur.
À tous ceux qui transmettent leurs cultures minorisées à leurs enfants.
 À tous ceux qui encore sont capables d'écouter. »

Les albums : ixo.sho / Ors

Musiciens et invités :
(Xanerge)
- Joan Baudoin : boha, bohassa, flabutas, tamborins, brama-topin, tricanetas, chant
- Lucia Longue : boha, flabutas, besson, accordéon diatonique, basse, chant
- Simon Guillaumin : vielle à roue, basse, pédales électronique, guitare, chant
- Josean Martin : guitare, bouzouki
- Juan Ezeika : violon, alboka, albokote, flabuta, txistu, pédale basse
- Roman Collauti : basse, contrebasse
- Matèu Baudoin : tambourin polytimbral


- (Artús)
- Roman Baudoin : vielle à roue
- Matèu Baudoin : violon, chant
- Tomàs Baudoin : tambourin à cordes, chant
- Roman Collauti : basse
- Nicolas Godin : guitare, percussions
- Alexis Toussaint : batterie

(1) Le mieux étant de lire ce qu'ils disent d'eux-mêmes en cliquant sur le lien.
(2) Il s'agit ici de traditions gasconne et basque mais bien d'autres sources d'inspiration sont de toute évidence présentes.
(3) « Commune » semble d'ailleurs s'appliquer à bien d'autres aspects des ces formations et du label qui les présente. Une question de pure curiosité me brûle les doigts :  Joan est-il le père de Roman, Matèu et Tomàs ?
(4) Dans le sens large du terme, la musique d'Artús pouvant  à mon sens tout aussi bien séduire les amateurs de progressif, de psychédélisme, voire de metal... Le public de Meshuggah a bien accepté Tigran Hamasyan comme l'un de ses semblables, je ne serais pas tellement surpris.
(5) Premier album de Xanerge, les suivants étant Talka Tum (2014) et Kyklos (2017). Quant aux musiciens d'Artús, leurs implications dans nombre d'autres groupes présentés par Pagans, comme musiciens ou autrement, sont très nombreuses.

jeudi 15 février 2018

Cocanha

Cocanha : i ès 
(2017 - Pagans)
Après un court premier album (1) déjà à la hauteur de celui-ci, le groupe vocal Cocanha (2) s'intéresse toujours au répertoire traditionnel occitan et nous entraîne joyeusement dans des polyphonies souvent enlevées. Ici, les voix sont reines, les divers accompagnements rythmiques accentuant l'envie de gigoter.
Sans fard ni concessions, le trio offre chaleureusement un chant clair, brut et très travaillé, le temps d'un saut dans des contrées où pouvait régner la joie de vivre.
Si je ne saurais affirmer que la notion de plaisir est présente dans tous les textes, (3) il semble évident qu'elle occupe la place centrale (ou tout du moins d'honneur) de ce disque.
Depuis le nom du groupe (4) jusqu'à l'image que présente la pochette.
Une chose est sûre, c'est que le sourire et le plaisir sont toujours présents après de très nombreuses écoutes de ces 10 titres. J'espère seulement que Cocanha aura l'intention de les faire durer. Longtemps.

L'album : i ès ?

Musiciennes :
- Maud Herrera, Caroline Dufau, Lila Fraysse (5) : votz & percussions (tamborins de còrdas, caxixis, mans, pès) :p

(1) 5 cants polifonics a dançar (2016). (J'en profite pour vous inviter à vadrouiller parmi les autres disques que propose Pagans, beaucoup de choses très intéressantes, aussi éclectiques que surprenantes et nouvelles, toutes ou presque en rapport avec les musiques traditionnelles. Je recommande !)
(2) Trois filles  gravitant autour de Toulouse (puisque le groupe est né d'une rencontre là-bas).
(3) Mais je le suppose, au moins pour certains. Si d'aucun sait traduire l'occitan, je suis preneur. Je ne parviens même pas à savoir ce que signifie « i ès ? ».
(4) Qui veut dire « cocagne ».
(5) C'est ce qu'indique le site du groupe, les plateformes vendeuses, elles, mentionnent Lolita Delmonteil-Ayral plutôt que Maud Herrera.